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LE PROFESSEUR CÔTES-DU-RHÔNE

Il n’a pas eu l’honneur de figurer dans l’ALBUM DE VILLAGE « DES COUZONNAIS PHOTOGRAPHIENT DES COUZONNAIS », un ouvrage que, toutefois, je recommande chaudement pour  la qualité du travail des sept photographes amateurs qui ont su ne pas sombrer dans une vision nostalgique et poussiéreuse de ce village où les habitants savent se souvenir et aussi montrer parfois une exubérante énergie créatrice.

Il n’y figure donc pas, ce vieux couzonnais à l’oeil vif le matin et aux pas quelquefois hésitants le soir, mais peut-être ne l’a-t-il pas voulu,  tant ses choix politiques et l’expression d’une sincérité à toute épreuve dans ses convictions ont plus souvent provoqué les quolibets que les cris d’admiration.

Je le connais depuis plus de 15 ans et j’ai eu souvent des joutes verbales qui l’exaspéraient le soir et dont le souvenir le rendait rayonnant le lendemain matin, et, depuis la création de notre site, je pensais faire un gros plan sur le « Professeur Côtes-du-Rhône », ainsi surnommé un jour par des intérimaires en métallurgie qu’il avait aidés dans leur tâche.

Militant communiste (son premier vote, aux élections législatives, le 2 janvier 1956, a été communiste) et délégué syndical CGT pendant plus de 20ans, il naît le 6 février 1933 à Neuville. Il passe son enfance à Albigny jusqu’en 1938 puis à Neuville ou il fréquente l’école primaire.

A 13 ans, sur les 750 candidats, il est reçu premier au concours d’entrée en école préparatoire à l’École Nationale Professionnelle LA MARTINIERE. Après trois ans d’internat il entre à l’école de métallurgie de Villeurbanne rue Dedieu où il obtient son CAP d’ajusteur au bout de deux ans, et vient habiter Couzon dans la petite maison acquise par la famille en 1920.

Le 11 juillet 1951, il est embauché à la SIGMA, une entreprise de 300 salariés et ne quittera plus le monde du travail jusqu’à sa retraite, hormis pour son service militaire à Dijon dans l’aviation de février 1954 à août 55, et en Algérie en septembre 1955 mais seulement 3 mois suite a la rébellion  des  rappelés « qui manifestaient et refusaient d’obéir où qu’ils soient, si bien que l’état major français décidait de nous libérer 3 mois plus tard » écrit-il dans ses « MEMOIRES SYNDICALES ».

1956, une année où le marché du travail étant très ouvert, il sera le collaborateur occasionnel de pas moins de six entreprises pour finir par choisir, le 19 septembre 1956,  GENDRON, à Villeurbanne, une entreprise de 750 salariés où il restera 30ans.

Les années 60 seront pour lui le grand tournant.

Devenu Citoyen du Monde, il rencontre sa future épouse, est père d’un garçon en 1962 et d’une fille en 1965 et est élu délégué  CGT du personnel chez GENDRON .en 1960.

En 1963 il adhère au Parti Communiste et a toujours sa carte et, « bien sûr ! » vote CHASSAIGNE lors du vote des militants pour la présidentielle de 2012.

Durant toute cette période d’activité combative, il réside à Oullins puis à Villeurbanne, et, la retraite venue, il s’installe définitivement dans la maison familliale des bords de saône en 1992, tout en restant un militant communiste infatiguable, rédigeant et distribuant des tracts, collant des affiches, et accueillant les militants communistes couzonnais (il y en avait une dizaine, quel poids électoral !)lors des réunions de la cellule Georges Lyvet.

Cette cellule n’existe plus, mais Charles CHAMBOSSE , dit « BOBOSSE » continue, « au ralenti » tient-il à préciser, sa vie de militant contre vents et marées, et, par sa manière de refuser l’hyperconsommation, recueillant du bois mort sur les bords de saône et le coupant impeccablement à la dimension de sa cheminée, continuant à soutenir le commerce local par le plaisir du « canon » (de côtes bien sûr), et, « indigné » depuis toujours, n’a pas attendu l’aire écolo-bobo pour exprimer sa vision de l’humain : humilité  et générosité.

Je vous conseille de lire ses Mémoires Syndicales, douze pages rédigées en mai 1995 à l’occasion du centenaire de la Confération Générale du Travail, ainsi que « LE RÉVEIL », un petit texte de science-fiction rédigé en 2007 et encore, sa suite, « L’APLANÉTAGE » écrit en 2009 (je peux vous procurer ces textes sur simple demande sur notre site, Charles ne les ayant pas publiés, il m’a confié la possibilité de les faire connaître), et peut-être votre regard changera sur ce couzonnais qui se promène chaque jour sur les quais de bon matin, mais maintenant à l’aide d’une canne, hélas, pour cet ancien bon gymaste et aussi amateur de vélo (il a fait Couzon – Hyères « en deux jours et demi  avec vent dans le dos, mais  Hyères -  Couzon en quatre jours avec vent dans le nez ») et de ski de fond.

Charles CHAMBOSSE

« Maître Sibor »


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